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MIGRINTER

MIGRINTER est un laboratoire de recherche spécialisé dans l’étude des migrations internationales, hébergé par la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société de Poitiers. Les migrations internationales et leurs effets constituent aujourd’hui un phénomène d’une ampleur considérable et d’une grande complexité. La connaissance de leurs déterminants, de leur fonctionnement, de leurs dynamiques internes et de leurs implications tant dans les espaces et sociétés d’accueil que dans les régions et pays d’origine nécessite d’être développée autour d’une thématique propre, les migrations internationales, et à travers une approche pluridisciplinaire. Produire des connaissances à propos d’un phénomène mondial – qui selon toutes vraisemblances ira en s’amplifiant -, sur ses causes et sur ses effets, mais aussi transmettre ces connaissances dans le cadre d’un enseignement de 2e et de 3e cycle, les diffuser par le biais d’un organe de publication et les mettre à disposition dans un centre ouvert au plus grand nombre, tel est l’objectif général du laboratoire. Pour réaliser cet objectif, MIGRINTER bénéficie de la continuité et de la compétence d’une équipe constituée depuis plus de vingt ans et de ses relations établies depuis plusieurs années avec d’autres entités et institutions de recherche aux échelles nationale et internationale. Créée en 1985 par Gildas Simon (médaille d’argent du CNRS en 1996), l’unité de recherche MIGRINTER a développé un pôle qui conduit de façon intégrée des activités de recherche, de formation, de publication et de documentation sur les migrations internationales et leurs effets dans les pays de destination comme dans ceux d’origine. MIGRINTER constitue en France le seul centre de recherche sur les migrations internationales qui articule ces quatre activités de production, de transmission de la connaissance scientifique, de publication et de diffusion de l’information scientifique sur ce thème. Si la recherche constitue le point de référence de ses activités, l’équipe accorde une grande importance à celles de formation, de publication et de documentation.

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Séance #2 : « La photographie en question »

Ancrées dans les démarches de terrain, les recherches sur les migrations mobilisent largement la photographie. Lié aux méthodes d’observation, l’outil photographique s’avère également un puissant vecteur de représentation des migrations. L’appareil photo se révèle bien souvent comme instrument du regard, premier capteur d’appréhension de la réalité à saisir (Calbérac, 2010). Ensuite, les photographies réalisées « sortent » du terrain pour alimenter les analyses et productions scientifiques. Mais malgré son omniprésence, cet outil suscite assez peu de commentaires de la part les chercheurs. Comme l’indique S. Conord « Le contexte de la prise de vue, les choix du cadrage photographique et de l’angle de vue, la méthode de recueil des données visuelles, le rôle de la prise de vue dans la relation vécue entre l’observateur et son terrain sont rarement interrogés, commentés. » (2007, p. 11). Quels choix déterminent la pratique photographique sur le terrain ? Quels sont les différentes places que peuvent prendre les photographies dans une démarche d’enquête, de l’illustration à la production de données ? Comment s’articulent le positionnement du photographe avec l’éthique de terrain ? Enfin, comme l’avènement du numérique a-t-il pu modifier les liens entre photographies et études migratoires, aussi bien en terme de prise de vue que de diffusion ? Au-delà de ses liens avec l’enquête de terrain, la photographie peut aussi être un objet d’analyse, en tant qu’ « images sociales » (La Rocca, 2007). Les chercheurs décryptent alors les photographies réalisées par les migrants et diffusées sur les réseaux sociaux, mais aussi les images médiatiques qui participent aux représentations sociales du fait migratoires dans les sociétés d’accueil. Parfois, la photographie est même un support pour le développement de démarche de recherche participative avec les migrants eux-mêmes, qui deviennent eux-mêmes producteurs de représentations des migrations. Enfin, la photographie questionne le statut du photographe et le travail de recherche collective, à l’interface entre science, art et reportage. Comment la connaissance scientifique s’enrichit et/ou s’hybride à travers des approches et des acteurs issues d’autres sphères ? C’est autour de cet ensemble de questionnements et de projets photographiques divers tant géographiquement que thématiquement, que la 2e séance du séminaire « Les représentations des migrations » propose d’échanger avec des chercheurs et des photographes.